Lully : Alceste

Dimanche 10 décembre 2017 – 15h
Détails
Durée approximative: 
3h10 entracte inclus

Créé en janvier 1674, Alceste ou Le Triomphe d'Alcide est le second opéra de Lully. Avec Cadmus et Hermione l'année précédente, il avait offert à Louis XIV la première tragédie lyrique, et aiguisé l'appétit royal. Avec Alceste, Lully signe son premier chef-d'œuvre. D'avance le roi était conquis : il avait demandé à ce que les répétitions se tiennent à Versailles, et son enthousiasme fut tel que « Le roi a déclaré que s'il se trouvait à Paris au moment des représentations, il irait l'entendre tous les soirs ».

 

Le génie de Lully et de son librettiste Quinault fut de parler d'amour et de pouvoir en des termes qui ne pouvaient que faire succomber le jeune roi : la belle Alceste, promise au glorieux roi Admete, est convoitée par Hercule sous son identité d'Alcide. Blessé à mort au combat, le roi Admete ne peut être sauvé que si on prend sa place aux Enfers : par amour, Alceste se dévoue. Alcide/Hercule promet à Admète d'aller chercher Alceste aux Enfers à condition qu'elle soit à lui. À leur retour des Enfers, les adieux entre les deux époux sont si émouvants qu'Alcide/Hercule renonce à Alceste et laisse Alceste retrouver les bras d'Admète.

Lully invente là tout ce qui fera son succès, et Christophe Rousset qui connaît merveilleusement l'œuvre du Florentin, poursuit son cycle des opéras lullystes par ce chef d'œuvre, avec le soutien des plus beaux chanteurs pour faire chavirer nos cœurs, comme celui du jeune roi de 36 ans, victorieux chef de guerre, éperdument amoureux de Madame de Montespan...


Tragédie en 5 actes avec prologue, sur un livret de Philippe Quinault.

Créée le 19 janvier 1674 au Jeu de Paume de Bel-Air à Paris.

 

Les Talens Lyriques, Amadis de Lully


Les représentations d’Alceste de Lully sont rendues possible grâce au soutien d’Aline Foriel-Destezet.

Les Talens Lyriques sont soutenus par le Ministère de la Culture et de la Communication et la Ville de Paris. Ils reçoivent également le soutien de la Fondation Annenberg GRoW - Gregory et Regina Annenberg Weingarten et du Cercle des Mécènes.

Edition musicale réalisée par Nicolas Sceaux pour les Talens Lyriques.
 

♦ PROGRAMME

Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
Alceste

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Jean-Baptiste Lully
1632-1687

Jean-Baptiste Lully, infatigable musicien, violoniste, chanteur, compositeur, danseur et directeur de théâtre, est l'inventeur de l'opéra français, créant pour un siècle un corpus d'œuvre qui sera le "répertoire" de l'opéra français jusqu'à la Révolution. Né à Florence  en 1632, Giovanni Battista Lulli y est repéré par le Duc de Guise et arrive à Paris en 1646, à 14 ans seulement, entrant au service de la Princesse de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle. Il réalise vite pour elle "La Compagnie des Violons de Mademoiselle" imitant les 24 Violons du Roi. Mais la disgrâce de la Princesse après la Fronde oblige Lully à se trouver un nouveau destin... Ce sera dans les 24 Violons !
Rapidement intégré au cercle royal, il crée auprès du juvénile Louis XIV, dont il est le compagnon de danse dans les ballets de Cour, notamment le Ballet Royal de la Nuit (1653), la Bande des Petits Violons. Du Ballet d'Alcidiane (1658) au Ballet des Arts (1663) et au Ballet des Muses (1666), les grandes heures du ballet de Cour à la française sont signées de Lully. D'abord compositeur de musique à danser, il devient vite le grand ordonnateur des spectacles royaux, s'occupant du moindre détail lors des répétitions, faisant de son orchestre une formation d'élite, et développe avec Molière la comédie-ballet, entre 1664 à 1671. Le Bourgeois Gentilhomme (1670) en sera le chef-d'œuvre, aux côtés de Georges Dandin et Monsieur de Pourceaugnac.

Mais Lully veut aller plus loin, et obtient en 1672 de Louis XIV le privilège royal de faire représenter de l'opéra, créant ainsi l'Académie Royale de Musique, institution toujours vivante de nos jours sous la forme de l'Opéra National de Paris. En pratique, c'est Robert Cambert qui avait obtenu le privilège et créé l'institution l'année précédente, avec beaucoup de succès, mais sans en maîtriser la gestion, qui se finit en faillite. Lully sut pousser son avantage auprès du Roi et racheta le privilège. Il devint le seul à pouvoir faire jouer de l'opéra en France, empêchant de fait les autres musiciens de le concurrencer (ce qui sera préjudiciable notamment à Charpentier).

C'est avec l'auteur Philippe Quinault que Lully développe dès 1673 la tragédie lyrique, qui est une adaptation française de l'opéra italien et du ballet de cour. Accordant une grande importance à la danse, et au rôle du chœur, l'opéra lullyste s'attache à dépeindre les sentiments et le destin tragique de héros mythologiques, dans lesquels la Cour de France identifie souvent le plus grand Roi du monde. Ouvrage créé pour le Roi, la tragédie lyrique comporte un prologue allégorique à la gloire du Souverain.

Le succès des opéras de Lully doit beaucoup au travail commun qu'il réalise avec Quinault pour créer une œuvre d'art totale : le rythme de l'œuvre est porté par un livret efficace, par une prosodie s'adaptant parfaitement aux lignes musicales, et le résultat rend à merveille les lamentations, les airs de bravoure ou de fureur, l'incantation du chœur : c'est véritablement une tragédie mise en musique, et la splendeur de la langue française sera rarement servie avec tant de génie. Lully enfin sait tirer des larmes de son public, et celles de son premier spectateur, le Roi, qui pleure le destin tragique et les amours infinis de Persée ou d'Atys, ému par des duos d'une beauté renversante.

Lully compose ainsi la musique de 30 ballets de Cour, en assurant aussi la chorégraphie et la mise en scène, de 9 comédies-ballets, puis celle de 14 tragédies lyriques, dont on retiendra principalement le premier chef-d'œuvre Alceste (1674) comportant déjà une scène de songe, et la fameuse Pompe Funèbre, puis Thésée (1675), Atys (1676), l'opéra du Roi, avec une scène de sommeil anthologique, Persée (1682), Phaéton (1683), Roland (1685), enfin Armide (1686), dernier et absolu chef-d'œuvre.

Surintendant de la Musique de Louis XIV, Lully exerce un pouvoir omnipotent sur le monde musical durant deux décennies, régnant à la Cour, où il donne à la musique sacrée du Roi une ampleur nouvelle à la mesure de la gloire dont le Souverain pare toutes les expressions artistiques (une douzaine de grands motets imposent un style français qui va perdurer jusqu'à la Révolution), mais aussi à Paris où ses opéras remportent un très grand succès.

Sa fin est en forme d’anecdote : Lully compose son fameux Te Deum non pas pour la gloire du Roi, mais pour le baptême de son propre fils. Louis XIV, qui est le parrain du fils aîné de Lully, assiste donc à la création de l'œuvre à la Chapelle de la Trinité à Fontainebleau en 1677. Ce Te Deum fut la musique sacrée la plus jouée de Lully. Mais c'est en le dirigeant en 1686 que Lully se blesse au pied avec la canne servant à battre la mesure : la gangrène l'emporte en mars 1687…

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Laurent Brunner

Onglets

Distribution

Judith van Wanroij Alceste, La Gloire

Edwin Crossley-Mercer Alcide

Emiliano Gonzalez Toro Admète, 2ème triton

Ambroisine Bré Céphise, Nymphe des Tuileries, Proserpine

Douglas Williams Lycomède, Charon

Étienne Bazola Cléante, Straton, Pluton, Éole

Bénédicte Tauran Nymphe de la Marne, Thétis, Diane

Lucía Martín-Cartón Nymphe de la Seine, une nymphe, femme affligée, une ombre

Enguerrand de Hys Lychas, Phérès, Alecton, Apollon, 1er triton, suivant de Pluton

 

Chœur de Chambre de Namur   

(Chefs de chœur : Leonardo García Alarcón & Thibaut Lenaerts)

Les Talens Lyriques

Christophe Rousset Direction et clavecin