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Locke : Cupid And Death

Masque en cinq entrées sur un livret de James Shirley d’après des fables d’Ésope créé à Londres en 1653.

L’opéra anglais a connu ses prémices avec le masque Cupid and Death, créé en 1653 par Matthew Locke (1621-1677) devant l’ambassadeur du Portugal à Londres, et seule partition musicale de masque conservée. Le sujet est tiré d’Ésope : la Mort et Cupidon, logeant dans la même auberge, sont victimes du Chambellan qui durant la nuit échange leurs arcs, donc leurs rôles, Cupidon tuant alors les jeunes amants de ses flèches, et la Mort ramenant les vieillards mourants à la vie – qui tombent amoureux ! –  ce qui provoque un chaos absolu et un imbroglio comique. La danse, la musique et le théâtre étaient convoqués pour servir ce projet où James Shirley (1596-1666) écrivit le texte dramatique, et Christopher Gibbons (1615-1676) les intermèdes  instrumentaux.

Les masques anglais, spectacles finalement assez proches des premiers ballets de cour à la française, intègrent avec force une dimension surnaturelle. La qualité lyrique apportée par Locke fait de Cupid and Death le précurseur du semi-opéra, qui se développera à partir de 1670, et dont Purcell (élève de Locke) sera le compositeur le plus brillant. Matthew Locke fut l’un des principaux musiciens anglais du milieu du XVIIe siècle, Compositeur ordinaire de Sa Majesté et Organiste de la Chapelle Royale, écrivant en 1660 pour le couronnement du roi Charles II.

Fin connaisseur de cette période charnière du premier baroque, Sébastien Daucé réunit son équipe de magnifiques chanteurs et instrumentistes, et laisse Jos Houben et Emily Wilson construire un théâtre des origines, véritable machine à surprises qui sert le mystère drolatique de cette curieuse joute entre la Mort et l’Amour.

 

Coproduction Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles, Centre International de Créations Théâtrales, Athénée Théâtre Louis-Jouvet, Théâtre de Caen, Opéra de Rouen Normandie, Théâtre Impérial – Opéra de Compiègne,  L’Atelier Lyrique de Tourcoing, Ensemble Correspondances, Opéra de Rennes, Château d’Hardelot – Centre culturel de l’Entente cordiale