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Les Trois Contre-tenors

Dans l’Europe baroque, les Castrats eurent une place hors du commun, en tant que premières « stars » de l’histoire de la musique. Presque tous italiens et formés dans les conservatoires de Naples, ils se dédièrent à la carrière d’opéra ou au service des chapelles princières les plus prestigieuses, jusqu’au Vatican et à la Chapelle Royale de Versailles, cumulant souvent les deux emplois.

Dans de nombreuses productions lyriques ou d’oratorios sacrés, de Vienne à Londres, les castrats tenaient systématiquement le rôle-titre (et à Rome tous les rôles féminins) et plusieurs rôles importants, créant sur le plateau une véritable compétition : c’était alors une escalade de virtuosité et d’émotion entre les chanteurs, dont le public était l’arbitre par ses demandes de bis, puis par les cadeaux somptueux offerts aux chanteurs les plus adulés. L’opéra était d’ailleurs régulièrement complété des airs « de valise » que les castrats les plus demandés apportaient avec eux pour briller.

Avec un trio aussi extraordinaire que celui formé par Bruno de Sá (Brésil), Théo Imart (France) et Nicolò Balducci (Italie), c’est à une compétition de haute volée que le public est convié : baroque au plus haut point, l’émulation entre ces primi uomi faisait l’attraction des opéras italiens, dont voici revivre la plus palpitante dynamique vocale, par la voix de trois contre-ténors faisant revivre pour un soir la Gloire des Castrats.

Les Productions de l’Opéra Royal