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Haendel : Theodora

Theodora, ardeurs baroques ! Haendel est au crépuscule de sa carrière, à 64 ans, mais sa faculté créatrice est intacte : il compose son avant-dernier oratorio en 1749, sur un sujet chrétien, mais en lui donnant une force dramatique exceptionnelle, qui a souvent permis de le représenter scéniquement.

Car si les succès de Haendel dans l’opera seria sont déjà loin, et que depuis dix ans c’est l’oratorio qui concentre sa création, la veine dramatique reste le ressort musical de Haendel ! Avec une intensité digne de la tragédie Theodore, Vierge et Martyre que Corneille avait écrite un siècle auparavant, Theodora exalte le martyre d’une vierge chrétienne d’Antioche persécutée par les romains. Tout au long de l’ouvrage, l’héroïne aimera Didyme (officier romain converti au christianisme), échappera aux orgies romaines, souffrira et mourra en martyr comme son amoureux, avec une sincérité poignante.

Haendel lui-même tenait Theodora pour son oratorio préféré : des airs magnifiques, une orchestration riche et puissante, une partition grandiose aux chœurs virtuoses : c’est bien un chef-d’œuvre du crépuscule haendélien. Pour servir cet oratorio de premier plan, le pétulant Hervé Niquet s’entoure d’une distribution magnifique : venez vous enivrer des merveilles déployées par Haendel pour glorifier Theodora !