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Haendel : Chandos Anthems

Georg Friedrich HAENDEL (1685 – 1759)
Chandos Anthems

Florie Valiquette Soprano
Nicholas Scott Ténor
Virgile Ancely Basse

Marguerite Louise Chœur et orchestre
Gaétan Jarry Direction

 

Après trois années italiennes durant lesquelles il s’est révélé  un compositeur incontournable, le jeune Haendel (il a vingt-cinq ans) arrive à Londres en 1710, et conquiert la capitale du monde par ses opéras. Brillant par ses productions lyriques Rinaldo, Il Pastor Fido et Amadigi, Haendel est attaché au service de la famille royale, abrité et protégé par de nombreux mécènes. Mais 1717 marque à la fois une apogée, avec la fameuse Water Music donnée pour Georges II remontant la Tamise en bateau, et un moment de transition pour Haendel. Témoin de la fragilité du modèle économique de l’opéra londonien, l’absence de représentation de ses œuvres de 1717 à 1719 : une période qu’il met à profit pour construire un modèle nouveau, qui deviendra la Royal Academy of Music, en étant accueilli dans le nord de Londres à Cannons, par le duc de Chandos, richissime et prestigieux mécène… « Aucun noble en Angleterre et très peu en Europe mènent un train de vie d’une splendeur, d’une magnificence et d’une noblesse égales à celui du duc de Chandos », écrivit Daniel Defoe en 1725.

Haendel entre ainsi au service de cette cour de James Brydges, comte de Carnarvon, dont le Palais somptueux est en construction, et travaille avec les forces musicales réunies par le prince pour ses usages personnels. Haendel compose ainsi onze antiennes pour chœur, solistes et orchestre de chambre destinées aux services religieux de la cour. La chapelle alors en construction, les offices ont lieu dans l’église paroissiale St Lawrence Church.

Véritable recueil précieux serti de chefs-d’œuvre, et « laboratoire » des futurs grands oratorios du maître, ce corpus de psaumes se livre à un remarquable syncrétisme des genres, – propre à Haendel et son parcours – où se croisent des impressions de cantates nord-allemandes, de sonates italiennes, ainsi que des airs dans la pure tradition anglaise de Purcell. Joyaux trop méconnus, ces hymnes séduisent d’emblée par leur texture légère, leur virtuosité, leur couleurs amplement brossées par le génie de Haendel, pour la plus grande gloire du duc de Chandos !