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Charpentier : Te Deum

Charpentier est l’Ange de la musique baroque française, mais il sut tirer profit des quelques années passées en Italie dans sa jeunesse pour renforcer son sens de l’apparat autant que sa sensibilité. On entendait en effet à Rome des musiques démonstratives, colorées et profondes, à grand effectif réparti dans l’espace de l’église. Du coté français, Lully avait dès 1661 placé le Grand Motet au niveau d’une œuvre monumentale : le surintendant de la musique de Louis XIV produisit ensuite plusieurs chefs-d’œuvre requérant toutes les forces musicales disponibles, dont son propre Te Deum en 1677, particulierement inspiré et grandiose. C’est dans cette veine de la Pompe Versaillaise que Charpentier écrivit le Te Deum qui devait le faire connaitre au XXe siècle : jouée pour la victoire militaire de Steinkerque en 1692, sans doute en l’église Saint-Louis-des-Jésuites dont Charpentier était le maître de Chapelle, cette œuvre qui glorifiait les Armes du Roi eut un grand succès, mais ne devait cependant jamais être jouée devant Louis XIV. Depuis sa redécouverte, cette puissante fresque dont le prélude s’ouvre aux rythmes martiaux des timbales et des trompettes symbolise à elle seule le Grand Siècle des arts, mais aussi des conquêtes, de Louis XIV. Le jeune Valentin Tournet ajoute au programme des œuvres beaucoup moins connues, mais dont le faste vient également rappeler la qualité et l’expressivité de la musique officielle française : le De Profundis est d’une extraordianire gravité, quand la Marche de triomphe sonne les trompettes de la Renommée pour le Plus Grand Roi du Monde !