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Charpentier : Messe De Minuit

Dans le temps religieux de Louis XIV, la période de Pâques était la plus importante pour la piété de toute la société. Mais la période de Noël prit une importance croissante, au point de se voir attribuer une seconde place dans le cœur des fidèles. On dédiait ainsi des partitions spécifiques aux temps de l’Avent et de la Nativité, utilisant force mélodies populaires, et faisant taire l’orgue du premier dimanche de l’Avent jusqu’à Noël, où il ressurgit avec vigueur pour interpréter les fameux Noëls variés !

Si Charpentier a retrouvé le chemin de la postérité avec les premières notes de son Te Deum, sa Messe de Minuit est probablement une des principales œuvres qui lui valut d’être connu. Elle invite à se replonger dans un monde musical où les traditions savante et populaire ne sont pas opposées, bien au contraire : tout l’art et la science de Charpentier s’illustrent dans cette invitation des chants traditionnels de noëls au sein d’une messe composée pour la Nuit de Noël, vers 1690. Ces mélodies étaient connues de tous, paysans comme gentilshommes, qui les reconnaissaient, imbriquées au sein d’un subtil contrepoint et d’une harmonie renouvelée, enrichies de parties orchestrales. Le plaisir de la musique est offert à chacun : de reconnaître un air connu, ou d’en saisir l’extraordinaire agencement. La simplicité des chants originaux donne également à toute la messe une candeur et une simplicité qui parlait alors de façon universelle.

Pour tenir lieu de veillée avant la messe de Minuit, à la manière des grandes histoires sacrées de Charpentier, l’In Nativitatem retrace l’histoire de la Nativité où l’Ange Gabriel annonce aux Bergers la grande nouvelle de la naissance du Christ. Sébastien Daucé retrouve ce programme de Noël qu’il a magnifiquement enregistré, pour fêter la Nativité dans un style qu’admirait le Versailles de Louis XIV.