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Berlioz : Les Troyens

« Grandiose, magnifique et profondément émouvant » : Les Troyens, le chef-d’œuvre de Berlioz.

À cinquante-cinq ans, après trois décennies de musique endiablée, de succès et d’échecs, Berlioz l’alchimiste met un terme à son projet le plus fou : Les Troyens, opéra en cinq actes pour quatre heures de musique d’une inventivité folle.

Vision démiurgique de sa propre lecture de l’Énéide de Virgile, l’œuvre de Berlioz est colossale : cinq actes, neuf tableaux, pléthore de rôles, un orchestre titanesque et un chœur omniprésent. Les Troyens fut longtemps considéré comme une sorte de monstre sacré injouable, souvent scindé en deux soirées (La Prise de Troie puis Les Troyens à Carthage), qui résume bien l’ambition démesurée du génial compositeur français. « J’ai passé ma vie avec ce peuple de demi-dieux ; je me figure qu’ils m’ont connu, tant je les connais. » confie Berlioz après la composition d’une œuvre qui occupe son esprit dès l’enfance. 

Tour à tour épiques, poétiques et intrépides, traversés de fulgurances et portés par un sens aigu de la grandeur tragique, Les Troyens forment un tout flamboyant. On s’y abandonne pour la pompe de ses marches, le bellicisme de ses scènes, les imprécations prophétiques de Cassandre et de Didon, et peut-être aussi pour l’ivresse d’un duo d’amour parmi les plus envoûtants du répertoire.

Le grand chef berliozien John Eliot Gardiner dirige son Orchestre Révolutionnaire et Romantique et le Monteverdi Choir dans cette œuvre fétiche, la portant à l’incandescence dans le décor historique (1837) de l’Opéra Royal que Berlioz a connu : ouvrons les portes de bronze de l’Histoire !

Concert donné dans le « Palais de marbre rehaussé d’or », décor conçu par Cicéri dans lequel Berlioz lui-même dirigea un concert à l’Opéra Royal le dimanche 29 octobre 1848.