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Beethoven : Symphonies 2 Et 3 – Heroique

PROGRAMME

Ludwig van Beethoven (1770–1827)
Symphonie n° 2 en ré majeur 
Symphonie n° 3 en mi bémol majeur « Eroica »

Retrouvez l’intégrale des représentations des Symphonies ici.

 

On célèbre en 2020 les 250 ans de la naissance de Beethoven, à Bonn en 1770 : un exact contemporain de l’Opéra Royal de Versailles ! Si un compositeur devait incarner la révolution musicale du tournant du XIXe siècle, qui vit passer du classicisme au romantisme, ce serait incontestablement Beethoven, dont la maturité arrive précisément en 1800. Héritier des grands compositeurs viennois que furent Haydn, Mozart et Gluck, Beethoven est à la fois le dernier prodige musical du classicisme, et celui qui ouvre la voie d’une musique nouvelle, empreinte de liberté. Sa farouche indépendance lui donna un parcours atypique, influencé par les idées progressistes venues de la Révolution française et par l’épopée de Bonaparte, avant de rejeter tout despotisme et de se consacrer à l’exaltation du sublime auquel il touchera avec sa Symphonie nº 9. Musicien irradiant comme un soleil blessé, frappé dès ses trente ans par une surdité cruelle, il laisse une œuvre d’une puissance inimaginable avant lui, véritable chant de l’âme humaine, et qui est universellement reconnue.

Le cycle des neuf symphonies, une somme éblouissante

La composition du cycle des 9 symphonies se situe dans la maturité de Beethoven, s’étageant de 1800 à 1813, puis une décennie plus tard le chef d’œuvre ultime qu’est la 9ème symphonie, en 1824.

La symphonie viennoise connait depuis les années 1770 une notoriété internationale. Haydn d’abord, puis Mozart, en ont composé quantité, et parmi elles beaucoup ont connu un grand succès tant à Vienne que dans toute l’Europe. À partir des années 1785, ces œuvres prennent une ampleur nouvelle, nécessitant des formations orchestrales de plus en plus conséquentes. Si Haydn apporte un aboutissement à la symphonie classique viennoise, l’arrivée de Beethoven dans ce style change la donne assez rapidement, faisant de chaque symphonie une œuvre de création à part entière, avec des caractères narratif et dynamique affirmés, des fulgurances nouvelles, une virtuosité extraordinaire à la limite des possibilités des interprètes, un discours d’une puissance jamais envisagée auparavant. La symphonie moderne est née. Dès l’Héroique (1804), Beethoven compose une véritable œuvre à programme, avec notamment la somptueuse Marche Funèbre. La Cinquième symphonie retentit comme une déclaration absolue d’avant-garde, emportant tout sur son passage par une virtuosité et des éclats triomphaux irrépressibles. La Pastorale (N°6) décrit avec génie les impressions inspirées par la nature, véritable voyage dans les passions et les orages intérieurs du compositeur. Enfin la Neuvième Symphonie, grandiose dépassement de toutes les formes existantes, réunit au sommet la symphonie beethovenienne et la puissance évocatrice de l’Oratorio choral, pour un résultat qui touche à l’universel grâce à l’Hymne à la Joie. La postérité reste pétrifiée devant l’ampleur de ce cycle symphonique qui impose la musique allemande au premier plan des salles de concert depuis deux siècles. Pour beaucoup, le chiffre neuf parut à beaucoup difficilement à surpasser, et les neuf symphonies de Schubert, Mahler ou Bruckner trouvent évidemment leur matrice dans l’exceptionnel cycle beethovenien, premier aboutissement absolu de la notion d’orchestre symphonique, et de l’incarnation d’un compositeur dans une forme musicale où il peut transmettre tout son potentiel créateur. Écouter en quatre concerts l’intégrale des symphonies de Beethoven est l’une des plus grandes expériences musicales et sonores qui soit donnée au spectateur, conscient d’assister au développement d’un génie révolutionnaire inventant un nouveau monde musical.

Sur instruments anciens, François-Xavier Roth relève le défi de donner l’intégrale des symphonies comme Beethoven aurait pu les entendre : non seulement avec les effectifs requis, mais aussi avec ces instruments, couleurs et dynamiques issus (notamment) des musiques de la révolution française, qui donnèrent une ampleur nouvelle à l’orchestration beethovenienne, elle aussi révolutionnaire. Les musiciens d’élite de l’orchestre Les Siècles, guidés par l’expérience acquise par François-Xavier Roth à la tête des meilleurs orchestres actuels, et notamment en Allemagne, donnent au cycle intégral des Symphonies une dimension exceptionnelle, à la hauteur du monumental créateur qu’est Beethoven.