Aller au contenu

Au Service De Sa Majeste

PROGRAMME

Henry Du Mont (1610-1684)
Confitebimur

Pelham Humphrey (1647-1674)
O Lord my God 

John Blow (1649-1708)
O Sing unto the Lord

Entracte

Pierre Robert (1618-1699)
Nolite me considerare

Pelham Humphrey
I will always give thanks [Club Anthem]
Lord I have Sinned

John Blow 
I will Hearken 

Henry Purcell (1659-1695)
My heart is inditing 

 


Retrouvant le trône d’Angleterre après de longues années d’exil pendant la république de Cromwell – qu’il passa entre autres à la Cour de France – Charles II décide de restaurer les institutions musicales dans toute leur splendeur, en s’inspirant fortement de ce qu’il aura vu et entendu dans ses années passées hors de son royaume.

Si les grandes heures de la musique élisabéthaine restent de mise, il innove et suscite une créativité hors norme avec un modèle qui l’aura définitivement marqué : celui de la Chapelle Royale de Louis XIV, avec son savant mélange de politique et de religion. Ainsi aux grands motets créés par Dumont et Robert pour le Roi Soleil, répondent les splendides pages de Cooke, Humphrey et John Blow. Tous ces compositeurs anglais connaissent l’art musical français parfaitement.

Henry Cooke est le premier inventeur de ce genre qui fait miroir au Grand motet français : le symphony anthem, reprenant de Dumont la forme et le discours, en l’épiçant de dissonances caractéristiques du style anglais.

Son élève, Pelham Humphrey, mort dans son jeune âge à vingt-sept ans (comme nombre de grands musiciens), aura également pris le temps d’étudier à Paris, auprès de Lully lui-même, avant de transmettre son art au jeune Henry Purcell. Ainsi à dix-sept ans, il foule les pavés du Louvre et des résidences royales de la Cour de France, marquant les esprits par son talent insolent, et sa personnalité haute en couleur. Sa disparition brutale ne l’empêche pas de marquer profondément les générations de musiciens à venir, à commencer par John Blow qui composera plus de cent symphony anthems.

Le dialogue entre le petit chœur et le grand chœur, les sublimes simphonies instrumentales aux couleurs chatoyantes, la majesté du discours : entre ces deux répertoires français et anglais, tout semble se répondre et converser avec admiration réciproque.

Et pourtant chacun constituera pour l’avenir un modèle de musique nationale qui perdurera pour des décennies !

Bien après la Normandie et l’Aquitaine, et n’en déplaise à la politique contemporaine, il semblerait que nous ayons beaucoup de territoires en commun avec nos voisins d’outre-Manche…

 

Sébastien Daucé