Purcell : King Arthur

Mercredi 11 avril 2018 - 20h
DétailsRéserver
Concert surtitré en français
Durée approximative: 
2h entracte inclus

Véritable perle du baroque, signée Henry Purcell, avec son intrigue riche en rebondissements et ses personnages hauts en couleurs, King Arthur connaît, depuis sa première représentation en 1691, un beau et durable succès. 

 

L’histoire est celle de l’affrontement entre Arthur le Breton, roi très chrétien, et Oswald le Saxon, roi très païen. Aidés de leurs enchanteurs – Merlin aux côtés des bons, Osmond aux côtés des méchants – ils se disputent la Bretagne et la belle Emmeline, jeune fille aveugle. L’amour, l’honneur et la paix triompheront, sauvés comme par enchantement. 

Devenu l'œuvre emblématique de Purcell, King Arthur est une œuvre "so british", et Paul McCreesh entend bien la défendre ainsi, en retrouvant les couleurs et la fraîcheur de la création en 1691 (Purcell avait 31 ans!) par une troupe engagée et virtuose !



Extrait de "King Arthur", Purcell
 

♦ PROGRAMME

Henry Purcell (1659-1695)
King Arthur

Semi-opéra en 5 actes sur un livret de John Dryden.
Créé en 1691 à Londres.

__________________________________________________________________________

Henry Purcell
1659-1695

Henry Purcell, surnommé l'Orpheus Britannicus, est l'emblème des compositeurs baroques de Grande Bretagne.
C'est un milieu musical de premier plan qui forme le jeune Purcell, fils de Henry senior, lui-même compositeur, Maître de chœur à Westminster et  attaché à la Chapelle Royale, que l'enfant intègre comme chanteur. Sous la direction de Humfrey, il y compose une Ode pour Charles II dès 1670, puis devient compositeur ordinaire des violons de la Chapelle en 1677, puis titulaire des orgues de Westminster en 1679, poste prestigieux qu'il conservera jusqu'à sa mort.
Sa carrière se développe alors sous trois auspices : tout d'abord sa charge de musique religieuse, qui va le porter à composer de nombreuses œuvres pour la Chapelle Royale, et notamment celles du Couronnement, de l'anniversaire (Ode Come, Ye Sons of art, 1694) - puis des funérailles - de La Reine Mary. La fameuse Ode à Sainte Cécile HailBright Cecilia (1692), le Te Deum et Jubilate de 1694, et de nombreux anthems et partitions sacrées de petit effectif renouvellent profondément la tradition musicale anglaise, introduisant à la fois les traits italiens de virtuosité et d'expressivité, mais également la monumentalité propre à l'écriture française des grands motets. Serviteur de nombreuses cérémonies et offices royaux, Purcell donne à la Chapelle Royale anglaise une aura dont retentit l'Abbaye de Westminster durant deux décennies.

Purcell offre par ailleurs à la Cour comme aux amateurs de nombreuses pièces de musique de Chambre, notamment pour consort de violes, fantaisies, sonates en trio, et une grande variété d'airs de Cour écrits avec une évidence confondante du récit, qui tranche avec les influences étrangères. Quoi de plus britannique que Ô Solitude ou Music for a while, et quelle élégance, quelle sensibilité, quelle habileté à peindre sans décrire ! Mais quelle vivacité, quel panache faussement populaire dans les œuvres pour ensemble vocaux, là encore typiques de la tradition anglaise, et qui atteignent leurs plus belles heures.
Enfin cette voix si Purcellienne, c'est au théâtre que le compositeur va lui donner ses pièces maîtresses. À 27 ans, c'est un conteur sans égal qui créée Dido and Aeneas, probablement devant la Cour, et pose les bases glorieuses de l'opéra anglais ! Mais ce sont essentiellement des musiques pour accompagner les œuvres théâtrales que Purcell va produire, si opératiques soient elles : ce style du semi-opéra lui doit ses chefs d'œuvre tels King Arthur (1691) puis The Fairy Queen (1692), dont la musique de Purcell ne représente qu'une partie du spectacle. Les musiques de Diocletian (1690), The Tempest ou The Indian Queen (1695) regorgent de danses magnifiques à l'orchestration d'une richesse jusque-là inégalée, comme la splendide musique de scène Abdelazer.
Si les œuvres dramatiques de Purcell retrouvent les grandes images développées en Italie et en France, les livrets anglais l'amènent à composer des scènes d'opéra fantastique particulièrement originales et frappantes (les sorcières de Didon, la scène du froid de King Arthur) dont Haendel se souviendra dans ses propres oratorios (autre forme dramatique hybride !). Et l'ampleur du déchirant lamento de Didon reste sans doute la mort la plus bouleversante de tout le répertoire. Polyphoniste, mélodiste, coloriste, Purcell touche avant tout notre âme par sa sensibilité, et notre "cœur" par la vaillance d'airs et de chœurs où l'Angleterre patriote (et gouailleuse) se reconnaît avec passion !

Sans doute victime d'une carrière éclair et d'une célébrité qui lui vaut de nombreuses sollicitations et commandes, dans le contexte déjà très chargé de ses postes officiels, Henry Purcell meurt à 36 ans en 1695, sans doute de faiblesse due au surmenage. Lors de la cérémonie funéraire qui lui est consacrée, on interpréta ses propres musiques tout récemment écrites pour les funérailles de la Reine Mary : c'est dire la déférence de Londres pour son Orpheus Britannicus, enterré au pied de son orgue dans la prestigieuse Abbaye de Westminster.

____________

Laurent Brunner

 

Onglets

Distribution

Katherine Watson Soprano

Mhairi Lawson Soprano

Rowan Pierce Soprano

Jeremy Budd Ténor

James Way Ténor

Marcus Farnsworth Baryton

Dingle Yandell Baryton-basse

 

Gabrieli Consort and Players

Paul McCreesh Direction