Lully : Phaéton

Mer. 30 mai, ven. 1er, sam. 2 et dim. 3 juin 2018
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Spectacle surtitré en français et en anglais
Durée approximative: 
3h entracte inclus

NOUVELLE PRODUCTION 

Si le siècle de Louis XIV s’est incarné, comme son souverain, dans l’astre solaire, le musicien fondateur de la tragédie lyrique – Lully – ne pouvait que lui consacrer l’un de ses plus flamboyants chefs-d’œuvre. 

 

Voici l’histoire de Phaéton, valeureux conducteur du char du Soleil, qui domine la voûte céleste de ses courses chaque jour renaissantes. Mais la Gloire, l’Honneur, l’Amour, portés à l’excès, feront chuter ce jeune Dieu… Destin foudroyé, mise en garde pour Louis ? Le Roi Soleil s’identifia à Mars et Apollon, ne courant pas après des chimères (mais pour l’amour, en fut-il de même ?).

C’est un attelage solaire qui portera la résurrection de ce Phaéton : Vincent Dumestre et Benjamin Lazar, riches de deux décennies de complicité lulliste, retrouvent les inflexions qui firent vibrer la Cour dans une œuvre si proche de ses protagonistes. C’est de l’Opéra de Perm, lointain mais d’un irrépressible enthousiasme, que Phaéton décollera pour sa chevauchée fantastique jusqu’à retrouver le Palais du Soleil…

 

Lully, Te Deum, par le Poème Harmonique dirigé par Vincent Dumestre


Production : Opéra de Perm - Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles, en collaboration avec Le Poème Harmonique

 

♦ PROGRAMME

Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
Phaéton

Tragédie lyrique en 5 actes et un prologue sur un livret de Philippe Quinault
Créé le 6 janvier 1683 à Versailles

 

Coproduction : Opéra de Perm – Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles - Le Poème Harmonique 

Lully, Te Deum, par le Poème Harmonique dirigé par Vincent Dumestre

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Picto 15 minutes avec

 "15 MINUTES AVEC"

Mercredi 30 mai, partagez "15 minutes avec" Benjamin Lazar, metteur en scène, pour échanger autour de Phaéton à 19h30 au Grand Foyer de l'Opéra Royal. 
-Sur présentation de votre billet pour le soir-même et dans la limite des places disponibles-
 

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Cette production est accueillie avec le soutien exceptionnel de l'ADOR - Les Amis de l'Opéra Royal

 

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Jean-Baptiste Lully
1632-1687

Jean-Baptiste Lully, infatigable musicien, violoniste, chanteur, compositeur, danseur et directeur de théâtre, est l'inventeur de l'opéra français, créant pour un siècle un corpus d'œuvre qui sera le "répertoire" de l'opéra français jusqu'à la Révolution. Né à Florence  en 1632, Giovanni Battista Lulli y est repéré par le Duc de Guise et arrive à Paris en 1646, à 14 ans seulement, entrant au service de la Princesse de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle. Il réalise vite pour elle "La Compagnie des Violons de Mademoiselle" imitant les 24 Violons du Roi. Mais la disgrâce de la Princesse après la Fronde oblige Lully à se trouver un nouveau destin... Ce sera dans les 24 Violons !
Rapidement intégré au cercle royal, il crée auprès du juvénile Louis XIV, dont il est le compagnon de danse dans les ballets de Cour, notamment le Ballet Royal de la Nuit (1653), la Bande des Petits Violons. Du Ballet d'Alcidiane (1658) au Ballet des Arts (1663) et au Ballet des Muses (1666), les grandes heures du ballet de Cour à la française sont signées de Lully. D'abord compositeur de musique à danser, il devient vite le grand ordonnateur des spectacles royaux, s'occupant du moindre détail lors des répétitions, faisant de son orchestre une formation d'élite, et développe avec Molière la comédie-ballet, entre 1664 à 1671. Le Bourgeois Gentilhomme (1670) en sera le chef-d'œuvre, aux côtés de Georges Dandin et Monsieur de Pourceaugnac.

Mais Lully veut aller plus loin, et obtient en 1672 de Louis XIV le privilège royal de faire représenter de l'opéra, créant ainsi l'Académie Royale de Musique, institution toujours vivante de nos jours sous la forme de l'Opéra National de Paris. En pratique, c'est Robert Cambert qui avait obtenu le privilège et créé l'institution l'année précédente, avec beaucoup de succès, mais sans en maîtriser la gestion, qui se finit en faillite. Lully sut pousser son avantage auprès du Roi et racheta le privilège. Il devint le seul à pouvoir faire jouer de l'opéra en France, empêchant de fait les autres musiciens de le concurrencer (ce qui sera préjudiciable notamment à Charpentier).

C'est avec l'auteur Philippe Quinault que Lully développe dès 1673 la tragédie lyrique, qui est une adaptation française de l'opéra italien et du ballet de cour. Accordant une grande importance à la danse, et au rôle du chœur, l'opéra lullyste s'attache à dépeindre les sentiments et le destin tragique de héros mythologiques, dans lesquels la Cour de France identifie souvent le plus grand Roi du monde. Ouvrage créé pour le Roi, la tragédie lyrique comporte un prologue allégorique à la gloire du Souverain.

Le succès des opéras de Lully doit beaucoup au travail commun qu'il réalise avec Quinault pour créer une œuvre d'art totale : le rythme de l'œuvre est porté par un livret efficace, par une prosodie s'adaptant parfaitement aux lignes musicales, et le résultat rend à merveille les lamentations, les airs de bravoure ou de fureur, l'incantation du chœur : c'est véritablement une tragédie mise en musique, et la splendeur de la langue française sera rarement servie avec tant de génie. Lully enfin sait tirer des larmes de son public, et celles de son premier spectateur, le Roi, qui pleure le destin tragique et les amours infinis de Persée ou d'Atys, ému par des duos d'une beauté renversante.

Lully compose ainsi la musique de 30 ballets de Cour, en assurant aussi la chorégraphie et la mise en scène, de 9 comédies-ballets, puis celle de 14 tragédies lyriques, dont on retiendra principalement le premier chef-d'œuvre Alceste (1674) comportant déjà une scène de songe, et la fameuse Pompe Funèbre, puis Thésée (1675), Atys (1676), l'opéra du Roi, avec une scène de sommeil anthologique, Persée (1682), Phaéton (1683), Roland (1685), enfin Armide (1686), dernier et absolu chef-d'œuvre.

Surintendant de la Musique de Louis XIV, Lully exerce un pouvoir omnipotent sur le monde musical durant deux décennies, régnant à la Cour, où il donne à la musique sacrée du Roi une ampleur nouvelle à la mesure de la gloire dont le Souverain pare toutes les expressions artistiques (une douzaine de grands motets imposent un style français qui va perdurer jusqu'à la Révolution), mais aussi à Paris où ses opéras remportent un très grand succès.

Sa fin est en forme d’anecdote : Lully compose son fameux Te Deum non pas pour la gloire du Roi, mais pour le baptême de son propre fils. Louis XIV, qui est le parrain du fils aîné de Lully, assiste donc à la création de l'œuvre à la Chapelle de la Trinité à Fontainebleau en 1677. Ce Te Deum fut la musique sacrée la plus jouée de Lully. Mais c'est en le dirigeant en 1686 que Lully se blesse au pied avec la canne servant à battre la mesure : la gangrène l'emporte en mars 1687…

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Laurent Brunner

Onglets

Distribution

Mathias Vidal Phaéton

Éva Zaïcik Lybie

Cyril Auvity Triton, Soleil, Déesse de la Terre

Léa Trommenschlager Climène, Astrée

Lisandro Abadie Epaphus, Saturne, Jupiter

Victoire Bunel Théone

Aleksandre Egorov Mérops

Viktor Shapovalov Protée, l’Automne, le Roi égyptien

Alfiya Khamidullina Heure du jour, Bergère égyptienne

 

musicAeterna

Le Poème Harmonique

Vincent Dumestre Direction

 

Benjamin Lazar Mise en scène

Mathieu Lorry-Dupuy Scénographie

Alain Blanchot Costumes

Mathilde Benmoussa Maquillage et coiffure

Elizabeth Calleo Assistante à la mise en scène