Charpentier : Histoires sacrées

Samedi 7 avril 2018 – 20h30
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Spectacle surtitré en français
Durée approximative: 
1h45 sans entracte

Marc Antoine Charpentier est sans conteste le compositeur français du XVIIème siècle avec lequel les auditeurs de notre temps trouvent le plus d'affinités, tant son style direct et touchant nous parle au-delà des siècles. Alors qu'il lui fut difficile de développer ses talents sur une scène d'opéra, il eut de magnifiques occasions d'exercer ses talents dramatiques dans les "Histoires Sacrées" qu'il mit en musique sur le modèle des oratorios italiens. 

 

Les héroïnes de ces drames chrétiens ont pour nom Judith (victorieuse d'Holoferne) ou Cécile (Vierge et martyre) : prises dans des mécaniques bibliques elles affrontent glorieusement l'injustice ! Quant à la pècheresse Madeleine, elle doit sa rédemption à son amour pour le Christ : une des plus étonnantes ambiguïtés de la tradition chrétienne...

D'une magnifique inventivité, ces "opéras sacrés" (comme le seront les oratorios de Haendel) sont sertis de beautés musicales, de solos déchirants et de chœurs magnifiques, que Sébastien Daucé révèle avec la complicité du metteur en scène Vincent Huguet : car elles sont magnifiquement écrites pour être jouées autant que chantées. Prenant appui sur un décor et des costumes suggérant ces lointaines terres bibliques, ce "spectacle" permet de retrouver un reflet du "théâtre sacré" que les Jésuites avaient porté si haut : une première dans la Chapelle de Louis XIV !

 

O Maria, Histoires Sacrées de Charpentier

 

♦ PROGRAMME

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)
Histoires Sacrées     

O sacramentum – O sacrement de piété
Judith sive Bethulia Liberata – Judith ou Béthulie libérée
In odorem unguentoum – Au parfum de tes onguents
Magdalena Lugens – Madeleine en larmes
Caecilia virgo et martyr – Cécile Vierge et Martyre
Sub tuum Praesidium – Sous l’abri de ta miséricorde

 

Coproduction : Théâtre de Caen et Abbaye de Royaumont

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Marc-Antoine Charpentier
1643-1704

Marc-Antoine Charpentier est l'ange de la musique baroque française.
Né près de Paris en 1643, il reçut jeune une formation musicale, sans doute au sein d'une maitrise, où il travailla sa voix qui devait devenir celle de haute-contre après la mue. Il devait avoir de bonnes connaissances en musique et des talents de compositeur pour partir à Rome dès 1660, à l'âge de 17 ans. Il y reste trois années, et prend avec certitude des leçons auprès de Giacomo Carissimi, le maitre de l'oratorio romain, qui exerce une influence déterminante sur sa manière de composer.

De retour en France, Charpentier se lie sans doute au cercle "italien" des musiciens de Paris, mais c'est à partir de 1671 qu'il prend son essor : Lully brouillé avec Molière et se tournant vers la tragédie lyrique, c'est Charpentier qui va le remplacer dans la composition des musiques des comédies-ballets : ainsi naissent les musiques de La Comtesse d'Escarbagnas, du Mariage Forcé et surtout du Malade Imaginaire. Mais déjà Molière disparaît...

Charpentier entre au service de la prestigieuse Musique du Dauphin, dont il devient Compositeur en 1679, en parallèle de son service auprès de Mademoiselle De Guise, où il chante également comme haute-contre dans ses propres œuvres. De cette période datent les magnifiques pastorales Actéon et La couronne de Fleurs, l'Idylle en musique Les Arts Florissants, ou Les Plaisirs de Versailles.

1683 voit hélas Charpentier manquer l'entrée majeure qui lui était promise : malade, il ne peut se présenter au concours de recrutement des quatre Maîtres de Musique de La Chapelle Royale. C'est principalement Lalande qui sera choisi et prendra vite la place majeure dans la Musique de la Chapelle puis de la Cour. Charpentier de son côté entrera au service des Jésuites en 1688, et leur donnera de nombreuses compositions sacrées notamment pour le Collège Louis Le Grand : oratorios et pièces sacrées, grands et petits motets, seront ainsi l'essentiel de sa production de maturité, dont David et Jonathas qui représente en 1688 une éblouissante expérience d'opéra sacré. Mais les oratorios latins que sont ses "Histoires Sacrées" sont également des chefs d'œuvre, tout comme ses nombreuses cantates, antiennes, messes et leçons des ténèbres (il en écrit 31, imposant véritablement ce genre). Si son Te Deum si célèbre aujourd'hui ne fut jamais joué devant le Roi, on sait que Louis XIV tenait la musique de Charpentier en haute estime.

Pour l'opéra enfin, le privilège royal obtenu par Lully empêche tout autre de faire jouer une tragédie lyrique. Charpentier devra donc attendre le décès du surintendant pour créer en 1693 Médée, œuvre splendide qui ne sera cependant pas un succès. Il faut y voir un signe des temps : l'extraordinaire carrière des opéras de Lully, longtemps après sa disparition, laisse peu le champ à des successeurs, qui doivent se démarquer fortement pour exister, sous peine d'être comparés au créateur du genre... Charpentier à ce titre ne représente pas un courant novateur, en composant à 50 ans ce premier opéra dans un style particulièrement lullyste, même si la construction des chœurs ou  la richesse des parties instrumentales sont marquées de son génie propre. Ses cantates profanes, dont notamment La descente d'Orphée aux Enfers, particulièrement dramatique, initient un style qui fera florès au début du XVIIIe siècle.

Charpentier finit son existence comme Maître de Musique de la Sainte Chapelle, de 1698 à son décès en 1704 : il lui dédie ses dernières pièces sacrées, bijoux chatoyants comme l'ensemble de son œuvre… Redécouverte et promue par un Te Deum qui deviendra dès les années 1950 un véritable "tube", puis sa symphonie d'ouverture l'indicatif de l'Eurovision, alors que Lully n'était plus qu'un nom dans les livres - tardive revanche.

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Laurent Brunner

Onglets

Distribution

Caroline Weynants Judith

Lucile Richardot Madeleine

Judith Fa Cécile

 

Ensemble Correspondances

Sébastien Daucé Direction

 

Vincent Huguet Mise en scène

Aurélie Maestre Scénographie

Bertrand Couderc Lumières

Clémence Pernoud Costumes