Cavalli : Missa Concertata

Samedi 10 février 2018 – 19h
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Durée approximative: 
1h10 sans entracte

En 1659, Mazarin parvient à signer le Traité de Paris qui entérine la future Paix des Pyrénées, et donc le mariage de Louis XIV avec l'Infante d'Espagne en 1660. Pour les fêtes de célébration de ce mariage, Mazarin commande un opéra à Cavalli, le plus grand compositeur de son temps : ce doit être Ercole Amante. Mais à l'arrivée de Cavalli à Paris, la salle n'est pas terminée et il préfère redonner Xerxès, composé en 1654.

 

C'est dans ce contexte de célébration que l'ambassadeur de France à Venise obtient également de Cavalli la composition d'une somptueuse Messa Concertata, dont la représentation en janvier 1660 pût réunir dans la Basilique San Giovanni et Paolo "Les meilleures voix de La Chapelle de Saint Marc, et celles des plus célèbres musiciens qui sont venus icy pour chanter dans les opéras ce Carnaval, et de quinze instruments violes, violons, cornets et certaines trompettes ajoutées à la musique, de l'ordre de M. Cavalli, le premier homme d'Italie dans son art." Disposés sur des tribunes édifiées spécifiquement, les chanteurs et musiciens spatialisèrent la Grande Messe de Cavalli comme c'était de coutume à Venise.


Après la magnifique restitution de la Messe Vénitienne pour la Naissance de Louis XIV, de Rovetta, Benjamin Chénier s'attaque à un autre chef d'œuvre vénitien célébrant la France et Louis XIV, par la plume du successeur de Rovetta à San Marco : Cavalli, avec de brillants solistes et un parti-pris de spatialisation dans La Chapelle Royale pour retrouver le faste sonore de 1660.

L'enregistrement de ce concert paraîtra dans la collection Alpha/Versailles. 



Giovanni Rovetta, "Messe pour la naissance de Louis XIV" - Galilei Consort, Benjamin Chénier 


♦ PROGRAMME

Francesco Cavalli (1602 - 1676)
Missa Concertata

Grande Messe Vénitienne pour la Paix Franco-Espagnole de Louis XIV

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Picto 15 minutes avec

 "15 MINUTES AVEC"

Samedi 10 février, partagez "15 minutes avec" Benjamin Chénier pour échanger autour de Missa Concertata à 18h30 au Grand Foyer de l'Opéra Royal. 
-Sur présentation de votre billet pour le soir-même et dans la limite des places disponibles-

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Cette production est accueillie avec le soutien exceptionnel de l'ADOR - Les Amis de l'Opéra Royal

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Francesco Cavalli
1602-1676

Né en 1602 à Crema, Francesco Cavalli fut le plus célèbre compositeur italien du XVIIe siècle, ses opéras connaissant une exceptionnelle diffusion en Italie et dans l'Europe entière. Arrivé jeune à Venise, il intègre en 1616 la Basilique San Marco comme chanteur ; il en deviendra un des piliers sa vie durant, d'abord sous la direction de Monteverdi, puis comme organiste (1639), enfin comme Maître de Chapelle en 1668.

Son talent le fait naturellement aller vers l'opéra, un genre que Monteverdi avait apporté à Venise, et qui était cantonné aux représentations officielles, dans les palais des grandes familles. Mais Cavalli va surfer sur son temps : il est le premier à savoir tirer parti de l'opéra "public", celui qui se finance uniquement avec les recettes des spectateurs, en tant qu'entreprise de spectacle. C'est à Venise que naît ainsi l'opéra moderne qui connaît en trois décennies une envolée fulgurante, neuf salles d'opéra ouvrant tour à tour ! En 1639 donc, Cavalli créée Le Nozze di Teti e di Peleo au Théâtre San Cassiano. Suivront 31 autres opéras de sa main !

Sur une intrigue à l'origine mythologique (mais qui pourra ensuite être également historique), Cavalli entremêle des lamenti (sa spécialité), des scènes de sommeil et de folie, des arie expressifs, quelques scènes de ballets, et des ritournelles orchestrales conçues avec les  moyens restreints d'un orchestre privé. Collant au texte, Cavalli est un véritable compositeur "dramatique" qui privilégie souvent la lisibilité de l'action par des récitatifs aussi beaux qu'expressifs, s'entourant de librettistes d'exception comme Busenello ou Faustini.

Intrigues complexes et croisées entre plusieurs couples, amours impossibles, infidélités et travestissements, personnages comiques, font la spécificité de l'opéra vénitien. Enfin l'art de la machinerie, mis au point à Venise en 1641 par Torelli, (ancien ingénieur de l'Arsenal !), en devient l'un des atouts maîtres, qui se répandra dans toute l'Europe baroque.

En 1641, vient le très grand succès de La Didone, premier chef-d'œuvre de Cavalli, bientôt suivi par ceux de l'Egisto (1643), de La Calisto (1651), de Xerse (1655, il restera 27 ans à l'affiche en Italie !), de l'Erismena (1656), de l'Ipermestra (1658 pour la Cour de Florence, avec des ballets équestres). Les œuvres de Cavalli ont vite tant de succès qu’elles sont reprises et adaptées dans d'autres villes de la Péninsule, notamment à Naples. C'est ainsi que son Giasone (1649) est l'œuvre la plus représentée en Italie au XVIIe siècle : 29 productions différentes et 61 éditions du livret !

Invité à Paris par le Cardinal Mazarin en 1660, Cavalli y compose Ercole Amante pour le mariage de Louis XIV, grand opéra (en italien) mélangeant les traditions vénitiennes et les spécificités françaises : de nombreux ballets où danse le roi, et un orchestre opulent. Mais le retard des travaux de la salle des Tuileries, où doit se donner cet opéra de noces, lui impose de représenter dans un premier temps Xerse (créé précédemment à Venise), où Lully intègre beaucoup de ses ballets. L'influence de la représentation de ces deux œuvres de Cavalli, sur le travail naissant de la tragédie lyrique, donnera les chefs-d'œuvre de Lully que l'on sait. 

De retour à Venise en 1662, la richesse accumulée par le triomphe de ses opéras ne l'incite plus à forcer son talent. Il a dès les années 1650 renforcé le nombres d'arias dans ses œuvres, avec des castrats vedettes. Il composera encore quelques œuvres plus "spectaculaires", avec chœurs, ballets et scènes de bataille, dont Pompeo Magno (1666) et Eliogabalo (1668) qui ne sera pas représenté : la mode a changé et l'inimitable style de Cavalli pour des récitatifs expressifs est remplacé par les prémices de l'opéra séria, ou tout se joue dans des airs virtuoses confiés à des stars... Cavalli disparaît en 1676. Seules ses œuvres sacrées ayant été publiées de son vivant, Cavalli disparut des scènes pour trois siècles. Redécouvert dans la seconde moitié du XXe siècle, son œuvre lyrique, jalon extraordinaire entre Monteverdi ("créateur" de l'opéra) et les opéras seria de Scarlatti puis Vivaldi, est aujourd'hui beaucoup représentée, dans l'attente des merveilles que cachent la vingtaine de ses opéras encore inconnus du public...

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Laurent Brunner

Onglets

Distribution

Stéphanie Révidat, Anne Magouët Sopranos

Pascal Bertin, Paulin Bundgen Alto

Martial Pauliat, Vincent Bouchot Ténors

Renaud Delaigue, Renaud Brès Basse

 

Galilei Consort

Benjamin Chénier Direction