Week-end Hommage aux Castrats

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"Musicien qu'on a privé, dans son enfance, des organes de la génération, pour lui conserver la voix aigüe qui chante la partie appelée dessus ou soprano." Rousseau, Dictionnaire de Musique.

L'Europe baroque connut le règne des castrats. Apparus de longue date dans l'Empire Byzantin, ils furent imposés d'abord à la Chapelle Sixtine, puis de Rome - où nulle femme ne pouvait paraitre en scène - conquirent toute l'Italie, avant de devenir incontournables de Vienne à Londres.
Symbole du bel canto, leur voix puissante et virtuose pouvait couvrir tout le registre musical de la basse au soprano, avec un éclat incomparable qui fascina tant le public que les compositeurs. Ces premières stars du lyrique, voyageant entre les opéras d'Europe, ne furent cependant pas les héros de la tragédie lyrique à la française, mais conquirent la Chapelle Royale dès la jeunesse de Louis XIV, et surent faire pleurer Napoléon qui installa Crescentini à Paris en 1806, ce dernier créant pour l'empereur Pimmalione de Cherubini...

Le renouveau de la musique ancienne a permis de retrouver la splendeur vocale de ces chanteurs disparus, qui redonne leur lustre aux opéras baroques italiens. Versailles fête donc les castrats par cinq rendez-vous d'exception. Tout d'abord l'emblématique Orfeo de Gluck, incarné en scène par Philippe Jaroussky ; puis le splendide Franco Fagioli en un récital virtuose ; enfin le talent montant de Filippo Mineccia redonnant vie à l'art d'exception de Jommelli, et le jeune Ricardo Angelo Strano nous emmenant à Naples découvrir ses mystères baroques…Versailles fait fête à la gloire du Primo Uomo !