Purcell : La Sainte et la Reine

Sam. 16 décembre 2017 - 20h
DétailsRéserver
Durée approximative: 
1h40 entracte inclus

Si Le Concert Spirituel et Hervé Niquet figurent aujourd’hui parmi les meilleurs interprètes de Purcell, c’est qu’ils se consacrent depuis plus de 15 ans, à faire revivre, que ce soit en version concert ou dans des mises en scène parfois décalées, les musiques de scènes et masks les plus rares du fameux compositeur de Didon et Enée.

 

De King Arthur à Fairy Queen, présentés au Barbican Center, Salle Pleyel, à la Philharmonie de Luxembourg mais aussi dans les plus prestigieuses maisons d’opéra en France et à l’étranger (Opéra national de Montpellier, Opéra Royal du Château de Versailles, Théâtre des Champs Elysées, le Théâtre musical de Besançon, Tokyo City Opera…), ce sont ces aventures musicales qui ont, au moins en partie, permis au Concert Spirituel d’acquérir la notoriété qui est la sienne aujourd’hui.


Ce n’est donc que justice qu’Hervé Niquet se penche aujourd’hui sur les versants sacrés et profane de la musique purcellienne, et propose d’appliquer son expertise de ce répertoire aux plus célèbres odes de Purcell !
Hervé Niquet a souhaité commencer ce concert festif par une des plus célèbres odes que Purcell composa à l’occasion de l’anniversaire de la Reine Mary (Come, ye Sons of Art), puis de le poursuivre avec une œuvre grave et solennelle, qu’il écrivit pour le cortège qui accompagna la Reine Mary vers sa dernière demeure.


D’une séduction virtuose, avec sa profusion de chanteurs et d’instrumentistes, et sa qualité d’invention, l’Ode à sainte Cécile est une célébration en musique parmi les plus achevées et intéressantes du compositeur. S’appuyant sur un texte de Nicolas Brady en sept strophes, écrit pour la fête de Sainte Cécile, Purcell livre un hymne à la musique et à tous les instruments, atteignant des proportions considérables identiques à celles d’un acte d’opéra.
L’œuvre connut un immense succès à sa création et est aujourd’hui l’une des références lorsque l’on souhaite fêter la musique et les musiciens !

 


Extrait de l'"Ode à sainte Cécile" d'Henry Purcell - Ensemble La Fenice

 

♦ PROGRAMME

Henry Purcell  (1659-1695)
Ode à sainte Cécile
Ode pour l’anniversaire de la reine Mary
Musique pour les funérailles de la reine Mary

__________________________________________________________________________

Henry Purcell
1659-1695

Henry Purcell, surnommé l'Orpheus Britannicus, est l'emblème des compositeurs baroques de Grande Bretagne.
C'est un milieu musical de premier plan qui forme le jeune Purcell, fils de Henry senior, lui-même compositeur, Maître de chœur à Westminster et  attaché à la Chapelle Royale, que l'enfant intègre comme chanteur. Sous la direction de Humfrey, il y compose une Ode pour Charles II dès 1670, puis devient compositeur ordinaire des violons de la Chapelle en 1677, puis titulaire des orgues de Westminster en 1679, poste prestigieux qu'il conservera jusqu'à sa mort.
Sa carrière se développe alors sous trois auspices : tout d'abord sa charge de musique religieuse, qui va le porter à composer de nombreuses œuvres pour la Chapelle Royale, et notamment celles du Couronnement, de l'anniversaire (Ode Come, Ye Sons of art, 1694) - puis des funérailles - de La Reine Mary. La fameuse Ode à Sainte Cécile Hail, Bright Cecilia (1692), le Te Deum et Jubilate de 1694, et de nombreux anthems et partitions sacrées de petit effectif renouvellent profondément la tradition musicale anglaise, introduisant à la fois les traits italiens de virtuosité et d'expressivité, mais également la monumentalité propre à l'écriture française des grands motets. Serviteur de nombreuses cérémonies et offices royaux, Purcell donne à la Chapelle Royale anglaise une aura dont retentit l'Abbaye de Westminster durant deux décennies.

Purcell offre par ailleurs à la Cour comme aux amateurs de nombreuses pièces de musique de Chambre, notamment pour consort de violes, fantaisies, sonates en trio, et une grande variété d'airs de Cour écrits avec une évidence confondante du récit, qui tranche avec les influences étrangères. Quoi de plus britannique que Ô Solitude ou Music for a while, et quelle élégance, quelle sensibilité, quelle habileté à peindre sans décrire ! Mais quelle vivacité, quel panache faussement populaire dans les œuvres pour ensemble vocaux, là encore typiques de la tradition anglaise, et qui atteignent leurs plus belles heures.
Enfin cette voix si Purcellienne, c'est au théâtre que le compositeur va lui donner ses pièces maîtresses. À 27 ans, c'est un conteur sans égal qui créée Dido and Aeneas, probablement devant la Cour, et pose les bases glorieuses de l'opéra anglais ! Mais ce sont essentiellement des musiques pour accompagner les œuvres théâtrales que Purcell va produire, si opératiques soient elles : ce style du semi-opéra lui doit ses chefs d'œuvre tels King Arthur (1691) puis The Fairy Queen (1692), dont la musique de Purcell ne représente qu'une partie du spectacle. Les musiques de Diocletian (1690), The Tempest ou The Indian Queen (1695) regorgent de danses magnifiques à l'orchestration d'une richesse jusque-là inégalée, comme la splendide musique de scène Abdelazer.
Si les œuvres dramatiques de Purcell retrouvent les grandes images développées en Italie et en France, les livrets anglais l'amènent à composer des scènes d'opéra fantastique particulièrement originales et frappantes (les sorcières de Didon, la scène du froid de King Arthur) dont Haendel se souviendra dans ses propres oratorios (autre forme dramatique hybride !). Et l'ampleur du déchirant lamento de Didon reste sans doute la mort la plus bouleversante de tout le répertoire. Polyphoniste, mélodiste, coloriste, Purcell touche avant tout notre âme par sa sensibilité, et notre "cœur" par la vaillance d'airs et de chœurs où l'Angleterre patriote (et gouailleuse) se reconnaît avec passion !

Sans doute victime d'une carrière éclair et d'une célébrité qui lui vaut de nombreuses sollicitations et commandes, dans le contexte déjà très chargé de ses postes officiels, Henry Purcell meurt à 36 ans en 1695, sans doute de faiblesse due au surmenage. Lors de la cérémonie funéraire qui lui est consacrée, on interpréta ses propres musiques tout récemment écrites pour les funérailles de la Reine Mary : c'est dire la déférence de Londres pour son Orpheus Britannicus, enterré au pied de son orgue dans la prestigieuse Abbaye de Westminster.

____________

Laurent Brunner

 

Onglets

Distribution

Le Concert Spirituel Choeur et Orchestre

Hervé Niquet Direction