Praetorius : Messe de Noël

Samedi 9 décembre 2017 – 19h et 21h
Détails
Durée approximative: 
1h20 sans entracte

Messe luthérienne pour le matin de Noël.    

Pour la plus grande joie des fidèles, voici une Messe de Noël festive comme on a pu l'entendre dans une grande église luthérienne d'Allemagne du Nord vers 1620.

 

Michael Praetorius fut le compositeur allemand le plus prolifique de sa génération, exerçant de 1590 à 1621. En ce début de XVIIème siècle, il produisit une musique d'exception qui s'imposa partout dans l'Allemagne du Nord, grâce à un style d'une grande modernité, et à des mélodies très inspirées des modèles italiens. Sa musique, pour cette Messe du matin de Noël, s'appuie sur la tradition luthérienne qui voit les fidèles participer activement à la cérémonie musicale, notamment par les grands chorals issus directement du corpus de Luther. Aussi la musique est-elle habilement conçue pour permettre aux chœurs d'enfants, mais aussi aux chœurs d'amateurs, de s'intégrer au sein de la partition dans une extraordinaire communion musicale.


Faisant alterner des pièces monumentales et spectaculaires, avec des arias à l'italienne réservés aux solistes, Praetorius enchâsse les textes - latins ou allemands selon leur destination - d'une parure instrumentale très riche. Il préconise aussi de répartir au mieux les interprètes dans l'espace, pour que les fidèles (et auditeurs) se sentent au cœur de cette liturgie très brillante, et souvent emportée par des rythmes de danse comme Praetorius en avait compilé des dizaines !
Répondant à une commande destinée à Versailles, Paul McCreesh remet sur le métier cette Messe de Noël qu'il avait reconstituée en 1994 avec ses vaillants Gabrieli Consort and Players (un enregistrement légendaire !) et s'adjoint les Pages du CMBV pour donner à l'œuvre l'ampleur populaire et festive qui en font une fresque resplendissante.

Ce concert fera l'objet d'une retransmission sur France Musique le mardi 26 décembre 2017 à 20h. 

 


"Quem pastores" de Michael Praetorius
 

PROGRAMME

Michael Praetorius (1571-1621)
Messe de Noël
 

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Cette production est accueillie avec le soutien exceptionnel de l'ADOR - Les Amis de l'Opéra Royal

 

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Michael Praetorius
(1571-1621)

Praetorius, né presque un siècle après Luther, fut le premier grand compositeur allemand lié à la fois au protestantisme et à l'émergence du baroque. Son œuvre est à son image, encyclopédique et enthousiasmante, liant les architectures polyphoniques et la splendeur contemplative. Contemporain de Monteverdi, il réalise en Allemagne une révolution semblable - sans aborder l'opéra cependant ! - à celle du Maître vénitien.
Michael Schultze (Praetorius étant la version latine de son nom) est né en 1571 à Creuzburg an der Werra, en Thuringe, dans le centre de l'Allemagne. Fils de pasteur luthérien, et parallèlement à une formation musicale poussée, il étudie la théologie à Francfort-sur-l'Oder, y apprend plusieurs langues et y devient organiste en 1587. Après avoir été maître de chapelle (Kapellmeister) à Lunebourg, il devient organiste en 1592 à la cour de Wolfenbüttel, puis il y est nommé Kapellmeister en 1604, poste qu'il gardera sa vie durant. À partir de 1613, il entre au service du Prince-électeur de Saxe, à la cour de Dresde, dont il sera notamment Kapellmeister. Lorsqu'il s'éteint en 1621, à peine âgé de 50 ans, il laisse une œuvre considérable, presque intégralement imprimée de son vivant, qui influence ses contemporains mais également ses successeurs durant un siècle.
Sa musique religieuse est d'une incroyable richesse, avec plusieurs milliers de pièces vocales et instrumentales, qui comprennent principalement des motets (plus de 1200 !), des Hymnes et des Psaumes, écrits jusqu'à 21 voix. Ses compositions sacrées sont largement inspirées par la musique vénitienne, à laquelle il emprunte les formes à plusieurs chœurs avec accompagnement d'un riche continuo et de cuivres resplendissants. L'éclat baroque de ses œuvres marque la fin des musiques issues de la Renaissance et du premier protestantisme : mêlant architecture et "affetti", Praetorius libère des beautés musicales insoupçonnées dont la musique allemande ne saura plus se passer.

L'étendue de ses publications musicales est éblouissante, dans le laps de temps pourtant restreint de deux décennies, de ses Musæ Sioniæ (1605-1610) jusqu'à sa Polyhymnia (1619). Mais Praetorius compose aussi beaucoup de musique profane, transcrivant notamment de nombreuses œuvres issues du folklore allemand, réunies pour les danses dans Terpsichore musarum (1612), imposant recueil de 300 pièces!
Enfin le Syntagma musicum (1619), un traité qui étudie très précisément les divers genres musicaux utilisés depuis l'Antiquité, ainsi que les instruments de musique, et les modes de composition, est une somme quasi-exhaustive en son temps qui est encore aujourd'hui d'un intérêt considérable. 

Collaborant avec le jeune Heinrich Schütz à Dresde, Praetorius forma quantité de compositeurs et d'organistes, et son œuvre musicale fut extrêmement diffusée. Mais c'est avant tout sa beauté sonore qui en fait le premier Maître baroque allemand : enrichissant les œuvres d'une basse continue fournie, colorée et volubile, il amène la tradition contrapuntique à la rencontre des italianismes qui font "parler" la musique, et touchent au cœur de l'auditoire.
Magnifiant l'héritage de ses aînés Hassler et Lechner, Praetorius ouvre en grand (et souvent en grand effectif) le destin de la musique baroque allemande, que ses élèves Schütz, Schein et Scheidt vont porter à un premier aboutissement.
 

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Laurent Brunner

 

Onglets

Distribution

Les Pages et les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles (Direction artistique Olivier Schneebeli)

Gabrieli Consort and Players

Paul McCreesh Direction