Célébration des 500 ans de la Réforme - 1517/2017

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Le 31 octobre 1517, Martin Luther affichait sur les portes de son église de Wittenberg ses 95 thèses réformatrices qui devaient changer le cours de la chrétienté, et inspirer de multiples courants de "protestantisme". En cinq siècles, la production artistique liée à cette "Réforme" a été immense, et les compositeurs baroques les plus célèbres se sont inscrits dans sa défense - ou celle de la "Contre-Réforme" catholique. Avec un moteur musical que Luther jugeait absolument prioritaire, le protestantisme a suscité le génie de compositeurs des espaces germaniques et d'Angleterre : Praetorius, Schütz, Bach, Purcell, Haendel ont écrit des chefs-d'œuvre absolus révérés jusqu'à nos jours. La place du verbe, magnifiée par la traduction de la Bible et l'utilisation de la langue des fidèles pour la liturgie, a fondé une tradition chorale exceptionnelle. Les thèmes musicaux écrits par Luther lui-même pour ses chorals ont donné un socle commun à des milliers de partitions, une référence pour musiciens et auditeurs.


La France de Louis XIV - comme tout le sud de l'Europe - choisit la flamboyante musique sacrée du catholicisme triomphant. Révoquant l'Édit de Nantes, le grand Roi chassa quantité d'intellectuels et commerçants. Ainsi ce schisme ne fut pas que religieux et militaire, mais démographique, économique et artistique. Dans la Chapelle Royale de Versailles, cœur catholique de la Cour de France, vont retentir 12 concerts pour illustrer l'extraordinaire dynamique issue de la Réforme, à l'occasion des deux temps forts liturgiques que sont Noël et Pâques. L'exubérante Messe de Noël de Praetorius ouvrira en décembre le premier cycle, suivi des odes de Purcell et du Messie de Haendel. Puis Pâques sera illustrée par l'Histoire de la Résurrection de Schütz et les deux passions de Bach, ainsi que ses motets. Enfin, deux concerts de cantates de Bach pour l'Avent et Pâques viendront clore en majesté cette célébration sous la direction de Sir John Eliot Gardiner.

 

Florilège des chefs-d'œuvre sacrés protestants par les meilleurs interprètes, ce cycle rendra lisible l'immense héritage de Luther dans la musique baroque. Et permettra la comparaison avec les grandes œuvres catholiques présentées par ailleurs cette saison à Versailles, de Monteverdi à Cavalli et Benevolo, de Lully à Zelenka et Charpentier, morceaux de bravoure écrits pour contrer "par la musique" la Réforme dont on célèbre en cette année le cinquième centenaire.